Fiche costume

Pays Kernevodez avant 1890

Terroir

Rouzig
en Cornouaille

Groupe vestimentaire

Kernevodez

Période étudiée dans cette fiche

1850-1890

Rédacteurs

Fiche rédigée en 2017 par Gilles Le Goff.
Elle fait partie d’un ensemble avec : 

  • Pays Kernevodez de 1890 à 1960
  • Coiffes du pays Kernevodez

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Groupe vestimentaire

Le pays Kernevodez correspond au groupe vestimentaire de l’ancien canton de Daoulas où était portée la coiffe « Kernevodez » dite aussi « coiffe carrée de Daoulas ». 

Situation géographique et historique

La mode présentée est celle du pays Kernevodez (féminin de kernevod, habitant du nord de la Cornouaille et de l’ouest des monts d’Arrée) encore appelée kernevodenn ou kernevodenned, et en français Cornouaille léonaise, qui s’étend des monts d’Arrée à la rade de Brest et de la rivière du Steir Goz au sud, à la rivière d’Elorn au nord. On retrouve ces appellations dans divers livres et documents, en particulier au XIXe siècle, et elles étaient utilisées encore récemment, par les personnes portant ou ayant porté le costume du pays. 
Les dictons en langue bretonne le situent bien :

« Etre ar Faou ha Landerne, n’emaoc’h nag e Leon nag e Kerne.  »  
(entre Le Faou et Landerneau, vous n’êtes ni en Léon, ni en Cornouaille)

ou le dicton utilisé par les gens du pays qui se rendaient à Landerneau :

« Pa vezit war bont Landerne, fri Leonard, reor Kerne. »
(quand vous êtes sur le pont de Landerneau, nez léonard, cul cornouaillais).

Cette mode était portée sur les onze communes suivantes : Loperhet, Dirinon, Saint-Urbain, Saint-Eloy, Irvillac, Daoulas, Logonna-Daoulas, Hanvec, L’Hôpital-Camfrout, Rumengol, Le Faou.

Costume féminin

Les plus anciennes descriptions du costume féminin datent de 1712-1777 (inventaires après décès), de 1867 (écrit du peintre Eugène Boudin, noce à Hanvec), de Marie Péres (Mme Louis Pennec - 1890-1981) couturière à Rumengol, de sa soeur Jeanne Pérès, repasseuse de coiffes à Rumengol (1895/1968), de Marie-Jeanne Runambot (1882-1972) couturière à Rumengol, du livret Evolution du costume en Cornouaille léonaise écrit par Charles Laurent (oncle de Donatien Laurent) originaire de Hanvec, de Hervé Le Menn de Hanvec et Charles Le Gall de l’Hopital Camfrout, des photographies et représentations sur tableaux de peintres du XIXe siècle (Eugène Boudin, Pascal Dagnan-Bouveret), ainsi que sur le grand vitrail de l’église de Rumengol, où figure mademoiselle Rozuel, soeur de mon arrière-grand-mère, qui servit de modèle au peintre dans les années 1880.

Chansons collectées dans les années 1960 à Rumengol auprès de Marie Pérès (1890-1981), couturière et de Jean-Marie Brenaut (1878/1971), sonneur de biniou :

Ar gomerezed (les commères)
« O prenet bragoù, da lakaad dindan ar brossiou, hag a koeffou ampouezed evid formed tok korneg » (elles achètent des culottes pour mettre sous leurs jupes et des coiffes empesées qui leur font des chapeaux à cornes)

Ar gemenerez (la couturière)
«  Eur kemenerez, i anno Marivon, hag i neuz graed rochedou, ya, d’an aotrou person hag i neuz graed rochedou, rochedou lienn stank » (une couturière de son nom Maryvonne, qui avait fait des chemises, oui pour monsieur le curé, elle avait fait des chemises, chemises de toile serrée…)
Le costume féminin, hormis les coiffes, est quasiment identique à celui porté dans les pays Rouzig et Bidar avec quelques petites variantes qui le distinguaient des modes voisines.
On trouve beaucoup de renseignements concernant les différentes pièces de costumes, leurs étoffes et couleurs dans les renabl (inventaires de ventes après décès et successions) et ceci depuis 1712 pour le plus ancien, ainsi que dans l’inventaire d’une staliad danvez (commerce de tissus) en 1844 à Hanvec. En voici trois exemples, extraits du livre en breton de Hervé Le Menn «  Istor Hanveg parez ha kumunn  » :
Liste de quelques tissus vendus en 1844 dans le commerce Trellu/Le Berre à Hanvec, et qui se retrouvaient certainement dans l’habillement local : « bayette, bergasonne, blicourt, calicot, coton, coutil, basin, drap, flanelle, florence, indienne, limousin, mousseline, métis, napolitaine, organdi, percale, redain, toile rousse, padoue, velours, ainsi que dentelles, châles, mouchoirs d’épaule et de cou, bonnets de laine, gilets, rubans, poil de chèvre, etc.  »
Détail des hardes (habits) d’inventaires :
en 1712 - Marie Marc - village de Gorré-Hanvec à Hanvec : « une jupe de charge bleue en krez-(lienn), toile, 7 chemises, 1 jupe laine et fil (pilhoù), 1 jupe noire de krez(lienn), kannap (toile de chanvre), 1 tablier de toile minime ? (peut être confusion avec denim (toile de Nîmes), utilisée parfois pour les voiles de bateaux, puis en 1850 pour les blue-jeans en Amérique), coeffes et mouchoirs (cols), corset, krapoz, brassières (manchoù berr) de berlinge, etc.  »
en 1777 - Marguerite Kermarrec - village de Kervaeneg (Gorvennec actuellement) à Rumengol : «  cappe noire, justin (justinenn – karako) de peluche rousse, justin blanc bazin, divers justins et krapoz de couleur violette, bleu, noir, rouge, blanc, cotillon (jupon) de coton, cotillon de ratine (sorte de tissu éponge en laine), cotillons rouge, noir, roux, tablier gris de bouraian, tablier de crépon, tablier de laine, tablier d’étamine, coeffes, bas, etc.  »
Une description en est faite et datée en 1867 lors d’un mariage à Kerliver en Hanvec, par le peintre Eugène Boudin, dont l’épouse Marie-Anne Guédès (surnommée Bihana) était originaire du hameau de Ruade à Hanvec.
«  La fille est jolie de pur type armoricain, coiffe garnie de dentelles, son large col continue l’encadrement de son visage, un petit châle de dentelle couvre sa taille. Elle porte une grande chaîne avec une croix et un cœur en or, des bijoux de perles et une grande ceinture bleue brodée en soies de diverses couleurs ; tablier de soie violet clair, un jupon de drap noir qui s’enferme dans une jupe blanche placée dessus d’une façon très originale  pour se protéger de la pluie ; petits souliers ronds du bout en drap fin, découverts, avec une large boucle d’argent. Les jeunes filles font office de servantes ornées de leur tablier à bavette de toile blanche, la jupe retroussée sur leur jupon. « Bihanna » porte une « broz lien gwenn » (jupe de toile blanche), un « korf-broz (justinenn) ruz ha du », un corselet-justin rouge et noir et une « koeff hir » (coiffe longue) qui la font plus belle que les femmes de Trouville.  »

La chemise  - hiviz

La chemise, en lin ou chanvre, et portée sous un krapoz (corselet), est longue de corps.

Camisole  - kamizolenn 

Chemise en tricot serré de laine comme les tricots de marins qui est portée sur la chemise de toile en hiver.

Corselet  - krapoz 

Corselet de tissu en drap bleu ou noir sans manches, il est resserré à la taille avec de larges bretelles couvrant les épaules et en coupe de forme carrée à l’avant, en deux pans croisés sur la poitrine parfois bordés de velours. 

Brennidenn 

Carré de velours recouvrant la poitrine au ras du cou jusqu’à la taille par-dessus le krapoz. Souvent en velours noir ou de couleur pourpre, bleue, violette, blanche, de satin plissé blanc ou crème il était garni de dentelles, assorties de plumes, de perles pour les habits de cérémonie.

Manchoù brec’h, berr vanch, manchoù flokenn 

Ce sont de fausses manches bouffantes en toile de diverses couleurs, resserrées aux poignets et recouvrant les avant-bras sur la chemise en toile. 

Caraco  - karako, zaé noz 

Sorte de veste ouverte en drap noir bordée de velours sur les côtés et dont le dos, fait de trois pièces de drap cousues en arc de cercle incurvé se termine en soufflet et avec un petit pan carré dans le bas de la pièce centrale. Ce caraco était en général porté ouvert par-dessus les habits, mais parfois rentré dans la jupe et sous le tablier à certaines occasions. Les manches de ce caraco étaient étroites, recouvertes de velours dans le bas ou jusqu’aux coudes. 

Jupe  - brozh ou lostenn

Celle-ci était souvent de drap bleu, parfois à fines rayures ou d’autres couleurs avec trois plis de 2 cm au milieu qui étaient décousus à mesure de l’usure du bas de la jupe.  Elle se portait souvent retroussée en semaine, laissant apparaître largement le jupon. Ce bas de jupe était pour les jupes de qualité ou de cérémonie, garni d’un bandeau à franges skuberez (balayeuse), afin d’éviter l’usure et les salissures et ceci jusqu’à la guerre 1914-1918.

Jupe de dessous, cotillon, jupon  - brozh dindan ou lostenn dindan

Souvent de toile blanche, de couleur à rayure ou de tissu noir moiré, il est garni de plusieurs bandes de velours dans le bas.

Jupe-culotte  - lostenn bragoù

Cette jupe était portée sans tablier lors des leur nevez   (réfection en terre glaise des sols de maison et aires à battre) ou des ambleudadeg ed du (foulage du blé noir aux pieds). Les femmes retroussaient l’arrière de la jupe entre leurs jambes pour l’attacher à l’avant, au niveau de la ceinture afin d’en faire une sorte de culotte large jusqu’aux genoux (explications de Marie Pérès de Rumengol qui avait pratiqué cette mode jusqu’en 1914-1918 pour ces occasions).

Tablier de berlinge  - tavañjer pilhoù

Le tablier de berlinge (tavañjer pilhoù) était porté en semaine et les dimanches ordinaires. Cette étoffe (pilhoù) était tissée de laine sur une trame de fil de lin. Le terme pilhoù a été confondu avec le terme truilhoù qui, lui, désigne des chiffons et des guenilles, et donc mal utilisé actuellement dans le langage populaire. La piécette du tablier (tapeled davañjer) a une forme carrée jusqu’à la fin du XIXe siècle, elle est devenue triangulaire par la suite. Ces tabliers en soie ou satin pour les fêtes et cérémonies étaient au XIXe siècle entourés à la taille par de larges rubans (seizenn) (zeienn en cornouaillais) de couleur, qui descendaient flottants sur le côté du tablier.

Cape  - manteled 

Grande cape d’hiver ou de deuil recouvrant le corps jusqu’aux pieds avec un large capuchon bordé de velours retombant sur les épaules, elle était portée dans toute la Bretagne.

Châle 

Il n’était porté qu’avec la koeff berr jusqu’en 1900 sous forme de châle tapis en carré sur les épaules, et parfois avec un châle à franges.

Habits de tous les jours

Les habits de tous les jours étaient de toile (chanvre, coton ou pilhoù). Cette toile était souvent tissée à la maison ou dans les villages jusqu’à la fin du XIXe siècle.

Costume masculin

Les plus anciennes descriptions ou imageries datent des XVIIIe et XIXe siècles : 

Renabl (inventaire) après le décès de Jean Le Lann au village de Gorvennec à Rumengol en 1777

(extrait du livre d’Hervé Le Menn Istor Hanveg, parez ha kumunn)
«  1 veste rouge - 1 veste d’epinguria - 1 veste en drap jaune de Vire - 1 veste en coton roux - une veste à petits carreaux blancs - 2 culottes rousses - 1 jaune - 1 culotte toile sur laine - 1 culotte toile - 1 camisole de toile - 2 gilets roux - 12 chemises - 1 paire guêtres coton roux - 1 paire guêtres toile de reparon  ».

Extraits du livre de Charles Laurent Evolution du costume en Cornouaille léonaise 

La statue de Saint Isidore datant du XVIIe ou XVIIIe siècle à Logonna-Daoulas, en habit de paysan de la région, le représente habillé d’un porpan (pourpoint) noir descendant jusqu’à mi-cuisse, orné de boutons dorés de chaque côté. Le col est droit, les revers flottants, le rabat des poches fermé de trois boutons. Le gilet bleu est plus court, montant et croisé, sans col apparent, fermé par deux rangées de petits boutons et ceinturé par un large turban de laine rouge. Les bragoù (culottes) amples à gros plis sont de couleur blanche, la chemise a un haut col montant, les guêtres noires jusqu’à la cheville sont fermées de trois boutons, les bas sont blancs, les chaussures noires à boucles dorées.

D’autres recherches faites par M. de Goesbriant en 1847, décrivent le costume de M. Jean Le Menn né en 1721 à Dirinon et décédé à Lann-Eurvan (Saint-Urbain) en 1827, sur une lithographie du graveur brestois M. Le Tendre : « vêtu d’un habit long, ouvert, bordé de deux étroites bandes claires entourant une large bande sombre, pas de bouton ni boutonnière apparent, avec un col rabattu. Un long gilet clair a un seul rang de petits boutons fermés en haut avec un col droit ; ceinture de cuir (gouriz ler) à boucle portée très bas, chemise à col droit aux coins cassés, bragoù assez larges non plissés, bas, souliers à boucle et large chapeau de feutre. »

Extrait du bulletin de la préfecture du Finistère de 1838, recherche de personnes disparues

Description en 1838 du costume de Jean Le Bihan, disparu de son domicile à Saint Eloy (recherches dans l’intérêt des familles--bulletin préfecture du Finistère) : «  portait les vêtements suivants : 2 vestes de toile, 1 gilet de drap bleu, un gilet de drap noir, culottes de toile, guêtres de toile, souliers à boucles de métal, chapeau de feutre noir. »

Extrait du livre de Charles Laurent Evolution du costume en Cornouaille léonaise 

Description en 1831 de deux jeunes hommes de Dirinon dans la galerie Charpentier :
« Une longue veste de couleur roussâtre cintrée descendant jusqu’aux hanches, sans col, ni revers, ni boutons, ornée de poches avec rabat à trois pointes ornées d’un bouton ; gilet bleu clair, sans col avec un court revers et fermé d’une rangée de petits boutons ; culotte blanche et ajustée ; guêtres blanches recouvrant le dessus du pied et boutonnées jusqu’en haut, serrées en haut par un « las loeroù » (jarretière) en collerette plissée sous le genou ; turban d’étoffe blanche à raies rouges et jaunes ; grand chapeau de feutre. » « Veste bleue sombre cintrée plus courte que la précédente, avec col rabattu et revers à pointes arrondies ; poches sans rabats ; galon jaune et rouge au bord du col, des poches et bas de manches, gilet blanc croisé et ouvert à revers flottants bordé d’un galon rouge et jaune et garni de deux rangées de boutons rouges ; pantalon brun long avec poches fendues verticalement ; turban blanc rayé de rouge ; bas roses, souliers à boucles, chapeau très large orné de trois rangées de chenilles rouges et jaunes maintenus par une boucle. »
On retrouve quelques courtes descriptions au cours du XIXe siècle lors d’un pardon, en particulier concernant de jeunes hommes des environs du Faou avec leurs chapeaux de feutre très larges garnis d’un triple tour de chenilles bigarrées, de torsades de cannetille et agrémentés de plumes diverses, particulièrement de paon.

Plus de détails dans la fiche costume « Pays Kernevodez de 1890 à 1950 ».

Dilhad labour (habit de travail)

Peu de renseignements concernant les habits de travail, sinon au XIXe siècle des vêtements de protection aux intempéries faits de deux toiles de pilhoù entre lesquelles on mettait une couche de suif, afin de les rendre imperméables, puis plus tardivement des rokedenn (veste), bragoù (culotte) en drap molesquine et aussi des sacs de toile très serrée (sac’h lienn stank) servant pour la farine ou les céréales, dont un coin du fond est enfoncé dans l’autre pour former un capuchon.

Chaussures ou sabots  - botoù

Au XIXe siècle les chaussures étaient de cuir ornées d’une boucle de métal sur le dessus et portées avec un costume de cérémonie. Par la suite, suivant les modes et les époques, elles sont remplacées par des chaussures de cuir ou des botoù sokoù (socques de cuir à semelle de bois).

Bonnet - boned

Le bonnet de tissu ou de laine, toujours de couleur bleue, de forme longue qui en faisait retomber la moitié jusqu’à l’épaule, a été porté jusqu’a la moitié du XIXe siècle.

Costume enfant

A la naissance, les enfants étaient habillés de langes serrés remplacés par la suite par un zaé, robe de drap bleu unisexe, jusqu’à l’âge de 3 à 5 ans. Par la suite, les fillettes conservaient ce zaé recouvert d’un second zaé plus léger sans manches, boutonné dans le dos jusqu’à la taille, faisant office de tablier, puis revêtaient un costume identique à celui porté par les femmes, mais coiffées du bonned voulouz du, jusqu’à leur pask kentañ (communion solennelle).

Ressources

Témoignages

Notes relevées depuis 1967 par Gilles le Goff auprès de :

  • sa grand-mère Marie Pérès (1890-1981), mariée à Louis Pennec, qui était « kemenerez » (couturière) dès l’âge de 13 ans à Rumengol, et qui allait de place en place pour confectionner les habits de mariages et autres. Elle était logée durant plusieurs jours pour avoir à disposition la personne qu’elle devait habiller, avant de rentrer finir les costumes chez elle
  • sa mère Anne-Marie Pennec (1923-2012), mariée à Jacques Le Goff,  kemenerez à Rumengol
  • Jeanne Pérès (1895-1968), soeur de Marie Pérès, « empoezerez » (repasseuse de coiffes, blanchisseuse et brodeuse) à Rumengol
  • Marie-Jeanne Runambot (1882-1972), kemenerez à Rumengol
  • Hervé Le Menn, (Veig Ar Menn) (1899-1973) de Hanvec
  • Charles le Gall (Charlez Ar Gall ) (1921-2010) de L’Hôpital-Camfrout, qui a animé des émissions de radio et télévision en langue bretonne de 1959 à 1976
  • De nombreuses personnes de Rumengol, Hanvec, Saint-Eloy, L’Hôpital-Camfrout, etc.

Livres

  • Lectures pour tous, revue fin XIXe/début XXe siècle
  • Laurent Charles, Evolution du costume en cornouaille léonnaise, fin des années 1960
  • Le Menn Hervé, Istor Hanveg, parez ha kumunn, début des années 1970
  • Nicot Christian, Dernières coiffes de Bretagne, éditions Le Télégramme, 1997

Images

  • Documents photographiques et costumes de la famille de Gilles Le Goff
  • Cartes postales collection Gilles Le Goff et musée Kernevodenn de Dirinon

Remerciements

Coordination : Annie Raulo, commission costumes de Kendalc’h