Fiche terroir

Trégor

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Le terroir

Le Trégor correspond à l’ancien évêché de Tréguier. Il se compose de 127 communes situées entre la rivière de Morlaix à l’Ouest et le Leff, affluent du Trieux, à l’Est. Les Monts d’Arrées forment la frontière sud. Peu connu pour sa tradition dansée, le Trégor a privilégié les soirées contes et le théâtre. Toutefois, on trouve des traces de danses grâce notamment aux travaux de Jean-Michel Guilcher, de Madame Galbrun et du Colonel Pérez, et quelques rares photos. Dastum Bro Dreger (Bernard Lasbleiz) et le Centre Culturel Saint-Guénolé de Trévou-Tréguignec ont poursuivi ces recherches dans les années 70, avec la participation de la famille Conan. Plus récemment, l’association « Dañs Tréger » de Plestin les Grèves a repris le flambeau et organise tous les ans un festival centré autour des danses anciennes du terroir avec de nombreux stages.

 
 

Communes du Trégor

Bas-Trégor 

Garlan, Guimaec, Lanmeur, Lanneanou, Le Cloitre-Saint-Thegonnec, Le Ponthou, Locquirec, Morlaix, Plouegat-Guerand, Plouezoc’h, Plougasnou, Plougonven, Plouigneau, Plourin-les-Morlaix, Saint-Jean-du-Doigt.
 

Grand Trégor 

Begard, Belle-Ile-en-Terre, Berhet, Botsorhel, Camlez, Caouennec-Lanvezeac, Cavan, Coatascorn, Coatreven, Guerlesquin, Hengoat, Kerbors, Kermaria-Sulard, La Chapelle-Neuve, La Roche-Derrien, Langoat, Lanmerin, Lanmodez, Lannion, Lanvellec, Le Vieux-Marche, Lezardrieux, Loc-Envel, Loguivy-Plougras, Lohuec, Louannec, Louargat, Mantallot, Minihy-Treguier, Penvenan, Perros-Guirec, Plestin-les-greves, Pleubian, Pleudaniel, Pleumeur-Bodou, Pleumeur-Gautier, Ploezal, Plouaret, Ploubezre, Plouegat-Moysan, Plougonver, Plougras, Plougrescant, Plouguiel, Ploulec’h, Ploumilliau, Plounerin, Plounevez-Moedec, Plouzelambre, Plufur, Pluzunet, Pommerit-Jaudy, Pouldouran, Prat, Quemperven, Rospez, Saint-Michel-en-Greve, Saint-Quay-Perros, Tonquedec, trebeurden, Tredarzec, Tredrez-Locquemeau, Treduder, Tregastel, Tregrom, Treguier, Trelevern, Tremel, Trevou-Treguignec, Trezeny, Troguery.
 

Petit Trégor 

Boqueho, Bourbriac, Brelidy, Bringolo, Coadout, Gommenec’h, Goudelin, Graces, Guingamp, Gurunhuel, Kermoroc’h, Landebaeron, Lanrodec, Le Faouet, Le Merzer, Mousteru, Pabu, Pedernec, Plesidy, Plouagat, Plouec-du-Trieuc, Plouisy, Ploumagoar, Pommerit-le-Vicomte, Pont-Melvez, Pontrieux, Quemper-Guezennec, Runan, Saint-Adrien, Saint-Agathon, Saint-Clet, Saint-Fiacre, Saint-Gilles-les-Bois, Saint-Jean-Kerdaniel, Saint-Laurent, Saint-Pever, Senven-Lehart, Squiffiec, Treglamus, Tregonneau, Treverec.

Le collectage en Trégor

 

Principales familles de danse

La suite de danses décrite par Jean-Michel Guilcher a disparu dès le début du XXe siècle. Elle a été remplacée au sud par la gavotte, plus « dynamique », et par les danses plus à la mode sur la côte (quadrilles, polkas...). Les informateurs de l’époque n’étaient pas eux-mêmes danseurs, mais avaient été témoins de la danse dans leur plus jeune âge.
Quatre danses constituent la suite :
• la dañs tro, également appelée dañs plaen
• le bal
• le passepied
• le jabadao.
D’autres danses du fonds ancien ont pu être collectées : le jabadao de Locquénolé, la dérobée plaen (référence famille Conan), la dérobée des pots fleuris.On parle aussi de danses plus récentes, aux origines incertaines : avant-deux du Trégor (créé après la seconde guerre mondiale, probablement par des danseurs du cercle celtique de Rennes), le bal de Perros (décrit par Jean Balac). Dans de nombreux bourgs on dansait également la Dérobée, danse rapportée par les soldats de Napoléon à leur retour de la campagne d’Italie. La dérobée de Guingamp est la plus connue. Elle a été considérablement modifiée depuis sa version initiale, notamment par le cercle celtique de Guingamp dans les années 1950.

L’accompagnement musical

Le renouveau que connaît la dañs Treger depuis une vingtaine d’année a remis en lumière le riche répertoire musicale qui servait à l’accompagner. Ce répertoire fut autrefois celui des clarinettistes et des chanteurs. Malgré l’absence de statistiques précises, on peut considérer que les trente dernières années du XIXe siècle ont constitué ce que l’on pourrait appeler l’âge d’or de la clarinette en Trégor. Plusieurs éléments favorables ont, en effet, contribué au développement de sa pratique : une absence quasi-totale de la concurrence de la part d’autres instruments en milieu rural et un large rayon d’action des clarinettistes, plus ou moins professionnels, qui couvraient tout l’ouest et le sud trégorrois. Seul ou en couple, accompagnée parfois d’un tambour, la clarinette sera de toutes les fêtes à partir de 1870. Les documents écrits témoignant de la popularité de la clarinette à cette époque sont assez nombreux et l’un d’entre eux décrit de façon précise le déroulement d’un bal trégorrois à la fin du XIXe siècle. Il s’agit d’un manuscrit inédit sur l’histoire de Plestin écrit par le colonel J. Pérès, vers 1935, et dont un chapitre consacré aux « vielles danses de Plestin », relate ses souvenirs d’enfance et de jeunesse dans ce gros bourg trégorrois entre 1876 et 1896. Aujourd’hui la plupart des autres musiciens (biniou, bombarde, violon, vielle, accordéon diatonique…) s’est réapproprié ces airs. Certains instrumentistes, parmi les plus inventifs , ont également créer de nouveaux morceaux qui circulent un peu partout en Trégor et ailleurs et qui sont désormais considérés comme « traditionnels ». L’originalité manifeste de ce répertoire, que l’on pouvait déjà constater à travers quelques collectes comme celles réalisées par Narcisse Quellien au XIXe siècle (Chansons et danses des bretons, 1889) ou un siècle plus tard par Polig Monjaret (Tonioù Breiz Izel, édition BAS 1984), a été remise en évidence récemment par les recherches entreprises par des associations locales comme Dastum bro Dreger (Cavan) ou Dañs Treger (Plestin).

Le costume

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Le Trégor connait une très grande unité des modes vestimentaires sur son territoire. Le costume des femmes à la fin du XIXe siècle se compose d’un caraco appelé « korfenn », plus ou moins ajusté et agrémenté de plis, dentelle fermé par le milieu à l’aide de boutons, le col officier commence à apparaître mais il est encore peu haut. Pour les cérémonies ou les grandes occasions, les manches peuvent être recouvertes d’une bande de velours (qui disparaitra au siècle suivant). Une jupe rasante, et un tablier confectionné dans des étoffes plus ou moins riches selon les circonstances finissent le costume. La pièce maîtresse reste le grand châle, le plus souvent noir, parfois brodé, il en existe aussi de couleur. Enfin, elles portent comme coiffe l’emblématique toukenn et parfois la cornette ou catiole (coiffe de cérémonie). La mode masculine en Trégor est depuis la fin du XIXe siècle le costume citadin.

Les costumes du Trégor

 

Ressources

Collecteurs
François-Marie Luzel, Anatole Le Braz, Narcisse Quelien, Maurice Duhamel...
Et plus récemment Claudine Mazéas, Soazig Noblet, Ifig Le Troadec, Serge Le Goïc, Gildas Moal, Bernard Lasbleiz... dont les collectes peuvent être consultées sur la base Dastum.
Bibliographie
Livret stage terroir Kendalc’h - 2010
Fiches de danses Kendalc’h
Guilcher Jean-Michel, La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne
Clarinette et anciennes danses populaire du Trégor, Dastum Bro Dreger
Galbrun Erwanez, La danse Bretonne
Montjaret Polig, Tonioù Breiz Izel
Boucher de Perthes, Chants armoricains ou souvenir de Basse Bretagne
Tregor, mémoire vivante, n°2 p 26 « Les vieilles danses du pays de Plestin »
L’Hostis Yvette, Thollas Bertrand, Le costume du Trégor Goëlo, Coop Breizh, 2015
Lasbleiz Bernard, Ma’m bijet bet Kreion
Troadeg Ifig, Carnets de route, Dastum Bro Dreger, 2006
Discographie
Bro Dreger V, Accordéon diatonique en Bretagne, Centre culturel breton de Lannion, CD
Le Féon/Léhart, Evit Dansal, Coop Breizh, CD
Pa’ vez gwelet bro-Dreger o tansal, Tradition vivante de Bretagne n°15, Dastum Bro Dreger, CD
CD Apprenez les danses bretonnes, vol. 1 - éditions Coop Breizh