Fiche terroir

La Brière

Le terroir

Il n’est pas évident de définir le pays de Brière, car pour cela il faut définir ce qu’est la Brière et ce qu’est un Brièron. La Brière ou Grande Brière Mottière est un marais d’environ 7000 hectares, situé au nord de l’estuaire de la Loire, à l’ouest du département de la Loire-Atlantique. Or dans ce marais, il n’y a pas un seul habitant. Alors qui sont les Brièrons ? En vertu d’une lettre patente de François II Duc de Bretagne de 1461, confirmée par Louis XVI dans ses lettres patentes de 1784, le marais de la Brière est la propriété indivise des habitants des 14 paroisses riveraines du marais devenues par la suite 21 communes. Tous les régimes successifs ont reconnu et respecté le statut particulier de ce territoire. Ainsi au sens le plus large, il peut être considéré que le territoire de la Brière est composé de l’ensemble de ces 21 communes et que leurs habitants sont des brièrons. Sur le papier, on peut faire ce que l’on veut, mais un titre de propriété n’a jamais changé la nature d’un homme. Ainsi, il faut différencier trois types de brièrons, en fonction de la relation qu’ils avaient avec le marais :
Les briérons des « îles » :
Ces îles situées au coeur du marais, constituent les communes de Saint-Joachim, Saint-Malo-de-Guersac, Montoir-de-Bretagne, et une partie de La Chapelle-des-Marais (îles de Camer et Camerun). Ces habitants ont longtemps vécu dans une certaine autarcie, utilisant presque exclusivement les ressources du marais. Ils étaient d’ailleurs surnommés les « canards ».
Les briérons du pourtour de la Brière :
Pour qui l’utilisation du marais était plus accessoires, car ne dépendant pas uniquement de ces ressources, à savoir les habitants des communes de Trignac, Saint-Nazaire, Saint-André-des-Eaux, Saint-Lyphard, Herbignac, La Chapelle-des-Marais, Missillac, Sainte-Reine-de-Bretagne, Crossac, Donges. Ils étaient surnommés les « naquets ».
Les habitants des autres communes :
A savoir Pornichet, La Baule-escoublac, Guérande, La Turballe, Saint-Molff, Besné, Pontchateau, Prinquiau, Campbon, La Chapelle-Launay, ont un rapport plus éloigné au marais, dont ils utilisaient que ponctuellement les ressources, en appoint certaines années. Ils se considéraient d’ailleurs que plus rarement comme brièrons

Communes de la Brière

Saint-Joachim, Saint-Malo-de-Guersac, Montoir-de-Bretagne Trignac, Saint-Nazaire, Saint-André-des-Eaux, Saint-Lyphard, Herbignac, La Chapelle-des-Marais, Missillac, Sainte-Reine-de-Bretagne, Crossac, Donges, Pornichet, La Baule-escoublac, Guérande, La Turballe, Saint-Molff, Besné, Pontchateau, Prinquiau, Campbon, La Chapelle-Launay.

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Principales familles de danse

Malgré les collectages réalisés entre les années 1945 et 1980, très peu de danses du fonds ancien ont été retrouvées en Brière et notamment le rond ou les ronds. Ceci est encore plus sensible en Brière des îles. Il est probable que la profonde modification sociale qu’a connue la Brière avec le développent des chantiers navals dont les Chantiers Penhoët de Saint-Nazaire fondés dès 1861, et qui a vu les briérons devenir majoritairement des ouvriers, a accéléré l’abandon des danses du fonds ancien au profit des danses à la mode.

Plusieurs variantes de quadrilles ont été collectées :
- Le quadrille de Saint-Joachim
- Le quadrille métayer mode de Saint-Lyphard
- Le quadrille métayer mode de Saint-André-des-Eaux

Les collectages réalisés sur la commune de Missillac ont permis de collecter :
- Le rond
- Le drao (bal)
- Le contrerond dit « bal des pommes »
- La ronde de l’avoine

On peut également citer les danses suivantes :
- La ronde dite « du petit moine »
- La ronde à trois pas
- La calibourdaine dite de Bréca

Les collectages des chants et airs, permettent de compléter la liste avec les danses suivantes, sans que le collectage des pas n’ait été réalisé :
- Danses se dansant en rond : le « rond », le « bal », le jibili, la ronde des lavandières, la ronde-jeu « qui marierons-nous »
- Danses en quadrette : plusieurs contredanses dansées en fin de tradition de manière indépendante, toutes dénommées « quadrilles»  dont des avant-quatre ou des pastourelles
- Différentes danses en couples, arrivées tardivement : polka, polka piquée,  polka russe, polka-valse, scottish française, scottish anglaise, mazurka, mazure, rigodon, pas de sept, violette, gigouillette…

L’accompagnement musical

C’est le chant qui apparaît comme le support privilégié pour la danse, notamment celles se dansant en rond. La chanson était menée par un chanteur-meneur, dansant dans la ronde, l’ensemble des danseurs reprenant le chant en réponse. Il n’y a aucun « tuilage » entre le meneur et les répondeurs. Cette pratique du chant est restée très présente, les quadrilles recueillies ont d’ailleurs la particularité d’avoir souvent une version chantée.
On trouve en Brière et notamment sur les communes ouest du pourtour de la Brière, une tradition instrumentale encore bien vivante au début du XXe siècle, mais qui disparaîtra dans les années 1920 avec l’apparition de danses en couple : la pratique de la cornemuse appelée veuze. Le plus renommé des veuzous est sans contexte le célèbre François-Marie Moranton de Saint-Lyphard, dit le Rouge de Bréca (1863-1943). Les veuzous qui avaient bonne réputation étaient demandés assez loin et couvraient donc une région assez importante. C’était le cas du Rouge, puisqu’il était demandé des rives de la Vilaine jusqu’au pays paludier. Le violon est lui aussi utilisé depuis le XVIIIe dans la région. Le violon devient d’ailleurs un concurrent redoutable de la veuze et supplante peu à peu cette cornemuse en bien des lieux. La veuze et le violon vont ensuite être remplacés progressivement par l’accordéon diatonique. L’accordéon chromatique tend à son tour à le supplanter par la suite. Il semble que l’harmonica, apparu au XXe siècle, fut également pratiqué par quelques joueurs.

Sous titre terroir 4

 

Sous titre terroir 5

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Le costume

Le costume porté en Brière s’apparente aux costumes portés dans tout l’ancien conté nantais. Dès la première moitié du XIXe siècle, celui-ci diffère donc très peu pour ses mises vestimentaires  de celui de Guéméné-Penfao, du Pays de Retz ou encore de la Basse-Loire jusqu’à Saint-Nazaire et même jusqu’à Redon. Costume feminin et masculin vont très tôt évoluer en fonction des modes citadines. Concernant la coiffe, c’est la dormeuse qui va largement dominer au XXe siècle, sans pour autant être l’unique coiffe portée. Sur les communes ouest du pourtour de la Brière, correspondant également au pays métayer, on va également y trouver la coiffe dite « métayère ».

Ressources

Collectages
Les collectages des danses ont principalement été réalisés par Bernard de Parades (1945), Marie Paul Bouyer et Raphaël Garcia du Cercle Breton de Nantes (1983), Paul Martin de Missillac. Parmi les fonds Dastum, nous pouvons citer le fonds de Claudie Marcel-Dubois (1913-1989) composé de collectages réalisés à La Chapelle-des-Marais en 1949, et les enquêtes réalisées auprès de Félix Aoustin (1907-1999) de Saint-Joachim par Raphaël Garcia entre 1982 et 1991.
Bibliographie
Vince Augustin, Notre Brière , 1959
Guériff Fernand, Chanson de Brière , 1974, Parc naturel régional de Brière
Guériff Fernand, Brière de brumes et de rêves : Histoire, coutumes, mythes et légendes , 1979, éditions Bellanger
Ouvrage Collectif, La Brière, Pays d’entre terre et mer, 2004, Parc naturel régional de Brière, Editions Hengoun
Guériff Fernand, Le trésor des chants populaires folkloriques du pays de Guérande , Tome I : « Trésor des Chansons populaires guérandaises », 1983, Tome II : « Le folklore du mariage », 2005, Tome III : « Chansons de Brière, de Saint Nazaire et de la presqu’ile guérandaise », 2009,  Tome IV : « Les danses / le répertoire enfantin », 2013, Tome V : « La Belle Bible des Noëls Guérandais », 1984, Dastum 44-Parc naturel régional de Brière
Discographie
Chansons traditionnelles du pays de Guérande et de Brière , 1981, Chorale Ensemble Vocal Pays Blanc-Pays Noir
Et d’dans !... Chants à Danser du Pays de Guérande et de Brière , 2009, Les veuzous de la Presqu’île.
Filmographie
Brière et Briérons , film documentaire de Richard Chenay, 1947 (16 minutes) - Cinémathèque de Bretagne
La Brière , film documentaire de 1978 (14 minutes) -  ina.fr
Vidéo de collectage de 1974 sur Missillac (Georges Paugam).