Fiche de danse

Gavotte et Jabadao du Pays Rouzig
mode Châteaulin

Terroir

Pays Rouzig

Famille de la danse

Gavotte

Rédacteurs de la fiche de danse

Cette fiche de danse a été rédigée en 2001 par Anne Kerhoas et Ghislaine Fur, et pour la partie musicale par Alain Salaun, Jean-Jacques Kerhoas et Marie-France Rosmorduc. Mise à jour en 2015. Cette fiche a été écrite à partir du travail et des collectages entrepris par les anciens danseurs du cercle celtique de Châteaulin à partir de 1946. La présentation des danses décrites ici ne se veut pas définitive en raison de la continuité du travail de recherche.
La commission danses de Kendalc’h a nommé Anne Kerhoas comme référente de cette suite de danses.

Appellation

Le nom de « Rouzig » (petit Roux) a été donné par ses voisins à l’habitant de Châteaulin et de toute la basse vallée de l’Aulne, à cause de la couleur de l’étoffe utilisée au XIXe siècle, pour la confection des vêtements masculins. Cette étoffe, fabriquée à la maison à base de fil ou de coton et de laine de mouton, n’était pas teintée, ce qui donnait une couleur brun-roux.

Situation géographique et historique

Châteaulin est situé à la limite sud du Pays Rouzig, au centre du Finistère, et à l’entrée de la presqu’île de Crozon, le pays Rouzig est le pays de la basse vallée de l’Aulne.
Le Pays Rouzig trouve son unité par le costume mais est riche de trois principales formes de gavotte :
Deux dites « du pied droit » :
- La gavotte à la mode de Brasparts
- La gavotte « Kernevodez » à la mode d’Hanvec
Une dite « du pied gauche » :
- La gavotte du pays de Châteaulin.
Traversé par l’Aulne, Châteaulin est le trait d’union entre la Presqu’île de Crozon, le Porzay et le territoire intérieur de Pleyben et de Brasparts. Châteaulin a toujours été un lieu de passage de par sa situation géographique, son rôle économique et sa position administrative. Par conséquent, les échanges entre le Porzay (nord-ouest du Pays Glazig) et Châteaulin, la frontière de ce pays, peuvent expliquer la zone d’extension de la danse.
D’autres danses existent dans notre terroir :
- « Dañs ar Seizenn », gavotte de concours, est connue sous le nom de « gavotte d’honneur » et se danse en couple.
- La Monfarine ou dérobée qui se dansait sur la partie Est de la région concernée ainsi que sur le reste du pays Rouzig.

Informateurs et témoignages

Cette fiche technique expose la recherche réalisée grâce au collectage mené dès 1946 par les membres du cercle celtique de Châteaulin à la création du groupe. Ce travail a été effectué auprès des membres de leurs familles, à Châteaulin et plus particulièrement auprès de messieurs Moulin et Gourves de Châteaulin, Labat et Nicolas de Dinéault. En effet, dès l’entre-deux guerres, les danses traditionnelles du terroir disparaissent au profit des danses dites « modernes » telles que le signale Jean-Michel Guilcher. Ainsi à Saint-Ségal, un témoignage nous rapporte que la dernière gavotte dansée lors d’un mariage se fit en 1933. Il semble que sur la commune même de Châteaulin les témoignages sont plus anciens encore. A la reprise du groupe en 1985, nous prolongeons le collectage grâce à divers témoignages des fondateurs et anciens dirigeants du groupe qui ont mené des recherches, de personnes des communes rurales et grâce à des documents photographiques et aux écrits de Jos Le Doaré, Jean-Michel Guilcher et Herve Ar Men (Istor Hañveg).

Occasions de danse

Tous les grands rassemblements de population étaient l’occasion de danser : mariages, pardons, travaux...

Origine et famille de danse

Comme le précise Jean-Michel Gulicher, le domaine de la gavotte est l’un des plus étendu en Basse-Bretagne. Cette danse serait la continuité du Trihory de Bretagne analysé en 1588 par Thoinot Arbeau. Le terme gavotte est attesté dans la région de Quimper et jusqu’à Pleyben dès le XIXe siècle.
Les textes anciens présentent le jabadao comme la danse « la plus renommée peut-être des danses bretonnes ». Elle aurait la réputation d’être liée au tapage, au désordre, danse plus ou moins diabolique, combattue par le clergé. Mais, en fait, selon Jean-Michel Guilcher le jabadao n’est  « pas une danse bien définie, mais un nom donné à plusieurs danses différentes » (p. 469-470)

La gavotte

Forme et structure de la danse

Au XIXe siècle, la gavotte se dansait en chaîne courte et ouverte de 8 à 10 danseurs selon les informations recueillies par Jean-Michel Guilcher. Selon Jos Le Doaré : « la longue chaîne étant difficile à mener, la gavotte va évoluer et devenir une sorte de farandole formée de plusieurs chaînes qui se suivent à intervalles assez rapprochés et qui avancent en biais, en suivant toutes les évolutions que le meneur juge intéressant de leur faire subir au gré de sa fantaisie. Le meneur est, en général, le premier cavalier de la première chaîne. Il a un rôle flatteur qui lui vaut des satisfactions et beaucoup d’envieux. C’est un excellent danseur. Chaque chaîne est indépendante avec son propre meneur, et malgré tout, les chaînes se suivent dans les mêmes évolutions. Le deuxième cavalier de chaque chaîne suit comme il peut ». Plus on progresse vers l’ouest du terroir, plus la danse sera courue.
La forme retenue pour le concours est la quadrette, en sachant que la danse pouvait être présentée en chaîne courte (de 6 à 10 personnes). La quadrette est formée de 2 cavalières encadrées par leurs cavaliers respectifs. Le 2e cavalier contrôle la rectitude de la quadrette. Le meneur est placé légèrement de biais vers la gauche, orienté dans le sens de la progression de la danse. Le déplacement de la quadrette s’effectue vers la gauche. Pour les 3 autres danseurs, le haut du corps est face au centre de l’aire de danse alors que le bas du corps est orienté diagonale gauche.

Tenue et mouvement des bras

Le meneur tient sa cavalière par la main, son bras droit placé par dessus le bras gauche de celle-ci, sa main est à hauteur de poitrine. Les 2 cavalières et le second cavalier se tiennent par le petit doigt. Les bras sont pliés à l’équerre, les mains placées à hauteur de la taille. Pour l’ensemble de la quadrette, les épaules restent fixes. Le mouvement des bras est essentiellement effectué par les avant-bras de bas en haut, dans un espace compris entre la hanche et la poitrine. Le meneur, quant à lui, marque simplement les impulsions.Les danseurs doivent être assez proches, même si le meneur garde une certaine autonomie : la quadrette doit rester solidaire. Les mains libres des cavaliers peuvent être ballantes ou posées sur la hanche.

Technique de pas

La gavotte
La formule du pas de base de l’homme et de la femme est la même, effectuée comme une marche. La progression s’effectue de « biais gauche ».

Temps 1 : en commençant par un posé du pied gauche

Temps 2 : le pied droit se pose devant le pied gauche, proche de celui-ci, sans le dépasser totalement.

Temps 3 et 4 : subdivision du temps avec des pas glissés et le talon légèrement soulevé du sol notamment pour les cavalières.

Temps 5 : posé du pied droit.

Temps 6 : posé du pied gauche.

Temps 7 : posé du pied droit.

Temps 8 : appui continu sur le pied droit avec levé du pied gauche au niveau de la cheville droite.

Le pas de l’homme
Il se singularise par des fioritures dont une est devenue de tradition. Cette fioriture s’effectue aux temps 1 et 2.
Temps 1 : prise d’appui du pied gauche, bien à plat, quasiment à l’aplomb du corps, dans le sens de la progression, et levé du pied droit à hauteur de la jambe. Cette hauteur variant selon chacun, sans toutefois dépasser le genou.
Temps 2 : le pied droit redescend pour prendre appui à la place du pied gauche. Ce dernier se lève au même moment et les 2 talons se heurtent au point de rencontre.
Remarques : du fait du « saut » sur place du cavalier aux temps 1 et 2, la progression ne peut être régulière.

Variantes

Fioritures pour le pas de l’homme
Il existe d’autres possibilités de fioritures pour le pas de l’homme, celles-ci ne sont pas exigées:
Une fioriture pour les cavaliers : le talon gauche tapant brièvement le sol au temps 5, et éventuellement aux temps 7 et 8.
Une fantaisie du meneur de tête : il peut tourner aux temps 5.6.7.8, dans le sens contraire des aiguilles d’une montre, tout en continuant de danser et de progresser.
Autres fioritures
Vu à Dinéault : Quand la quadrette arrivait face à un obstacle (bloquant sa progression), les hommes avaient la possibilité d’effectuer un changement de place « tête à queue pour les hommes », en parallèle les femmes faisaient un demi-tour. La quadrette repartait ainsi, toujours avec le même meneur, mais avec une inversion de la place des femmes dans la quadrette.
« Une autre coutume aux abords du Menez Hom veut qu’après plusieurs danses, les cavalières prennent à leur tour la direction de la danse normalement réservée aux jeunes gens. Un des « binious » criait à ce moment-là   « Abadenn chanch mad ! » Aussitôt les rôles étant renversés, les cavalières, toutes fières du droit qui leur été concédé, allaient inviter les cavaliers de leur choix à se joindre à elles pour exécuter la gavotte qui commençait : et dans chaque chaîne c’était à une cavalière également que revenait la charge et l’honneur de conduire la farandole. » Jos Le Doaré - Archives de la Mission de folklore musical de Basse Bretagne 1939.

Le jabadao

Forme et structure de la danse

Dans le pays de Châteaulin, le jabadao succède à la gavotte dans l’ordre des danses et se danse sur le pas de base de la gavotte. Il a remplacé peu après 1880 le bal à 2, ce dont témoignent les textes du XIXe siècle. Par la suite, un jibidi vint clore le jabadao, puis le remplaça.
Les couples doivent rester bien face à face durant la ronde de façon à former une croix parfaite.
La balade s’effectue en 16 temps, les figures en 32 temps (chacune constituée d’une formule de 8 temps répétée 4 fois).
Ordre des figures
Balade
Salut (1ere figure)
Balade
Salut
Balade
Ronde à permutation (2e figure)
Balade
Ronde à permutation
Balade
Gerbe (3e figure)
Balade

Tenue et mouvement des bras

C’est une ronde effectuée par 4 couples maximum. Cette forme sera retenue pour le concours. Il peut se danser avec 2 ou 3 couples. Les danseurs (homme situé à la gauche de sa cavalière) se tiennent par le petit doigt, les cavaliers soutenant les doigts de leurs cavalières. Les mains restent à la hauteur d’épaule, les coudes plutôt orientés vers le sol. Les cavaliers ont les bras cassés, plus ouverts que ceux des cavalières.

Technique de pas

Balade
Effectuée sur le pas de base de la gavotte sans aucune fioriture. Le cercle est bien ouvert. Les corps restent placés face au centre. La ronde tourne dans le sens des aiguilles d’une montre. La balade a un rôle important : après chaque figure, elle permet à la ronde de se reformer de façon harmonieuse. C’est principalement les cavaliers qui en ont la responsabilité.
Le salut (1ere  figure)
Il se danse par couple. La main libre du cavalier est posée sur sa hanche. Celle de la cavalière tient sa jupe. Le couple recule sur 4 temps en se tournant légèrement l’un vers l’autre. Le cavalier pose son pied gauche à l’arrière du pied droit, au temps 1. La cavalière pose son pied gauche à l’arrière du pied droit et se déplace vers la gauche. A 3 et 4, le cavalier et la cavalière se saluent face à face. Le couple revient vers le centre pour se replacer sur le rond initial sur les 4 derniers temps de la phrase musicale. Aux temps 7-8, salut des couples se retrouvant en vis-à-vis.
Les bras suivent le mouvement imprimé par la figure. Chaque couple se salue en amenant les bras (droit pour le cavalier, gauche pour la cavalière) vers l’extérieur de la ronde, aux temps 3 et 4, et les ramènent, toujours à hauteur d’épaule, vers le centre de la ronde, aux temps 7-8 pour le salut du couple en vis-à-vis.
Durant cette figure, les bras restent à la même hauteur que durant la balade, un très léger levé de mains, vers le haut, est effectué aux temps 7-8, en guise de salut du couple en vis-à-vis.
La ronde à permutation (2e  figure)
Le pas reste celui de la gavotte.
Au temps 1 : les cavaliers accompagnent par le mouvement de bras la cavalière vers la gauche pour l’amener vers le centre. Ensuite, les mains se séparent.
Du temps 1 au temps 6, les cavalières se déplacent en avançant sur le pas de la gavotte. Elles se déplacent les unes derrière les autres, les mains à la jupe, pour décrire un cercle à l’intérieur de la ronde de la balade tournant dans le sens des aiguilles d’une montre. Aux temps 7 et 8, lors du salut, chaque cavalière se tourne légèrement vers son cavalier : le buste et le pied gauche, pointé au sol, s’orientent vers le cavalier.
Les cavaliers, mains placées aux hanches, décrivent un cercle extérieur, proche de la ligne de danse, en sens inverse de celui des cavalières. Aux temps 1 et 2, le corps effectue un demi tour vers la droite pour se retrouver dans le sens contraire des aiguilles d’une montre. Aux temps 3 et 4, les cavaliers continuent de décrire un arc de cercle afin de se retrouver dos à ta ronde. Des temps 5 à 8, ils se retournent progressivement vers leurs cavalières. Lors du salut, aux temps 7-8, chaque cavalier lève le pied gauche à plat, au ras du sol, orienté vers sa cavalière, pour enchaîner au temps 1 suivant.
Dans chaque cercle, les danseurs, les uns derrière les autres, maintiennent entre eux les intervalles égaux qui les séparaient au départ (en formant une croix).
A la fin des 32 temps (temps 29-30-31), chacun retrouve sa place initiale dans la ronde, pour danser la balade.
La gerbe centrale
Cette figure est selon les informateurs la plus récente, prisée par les jeunes au détriment de la ronde à permutation, qui sera alors parfois abandonnée.
La gerbe se caractérise par une ronde qui, successivement, avance vers le centre durant les temps 1, 2, 3 et 4 puis recule sur les 4 derniers temps, sans que les danseurs se lâchent les doigts.
Les cavalières sont amenées au centre de la ronde par les cavaliers, à 3 et 4 leurs bras sont pliés en équerre. Les cavaliers restés en recul par rapport à leurs cavalières ont les bras dépliés. Les bras montent progressivement pour être, au temps 4, plus haut qu’au départ (environ à la hauteur des têtes) et redescendent sur les temps 5, 6, 7, pour reprendre, au temps 8, leur place à la hauteur d’épaule.

Variantes

Dans la suite de la danse, un bal pouvait être dansé entre la gavotte et le jabadao ; parfois même, on  ne dansait que la gavotte et le bal sans le jabadao. Ce bal dansé en rond comprend deux parties : une balade de 16 temps en pas marché sur 16 temps suivi  d’une figure sur 16 ou 32 temps selon les airs musicaux.  Cette figure consiste en un mouvement d’avancer (en 4 temps) et de reculer (en 4 temps) sur un pas de quatre. Les bras (pliés angle droit)  accompagnent le mouvement de la danse.

Style

La gavotte est une danse dénuée de rebondissement, une marche légère non ancrée dans le sol, le talon pouvant être légèrement soulevé du sol notamment aux temps 3 et 4. Les appuis sont portés plus sur la plante des pieds que sur tout le pied, à l’exception de la fioriture décrite pour les cavaliers. Les mouvements des bras sont souples, sans rudesse. La quadrette progresse de façon assez ample, ce qui lui donne une allure horizontale et non verticale. Les quadrettes se suivent, menées durant leurs circonvolutions par la quadrette meneuse.
La danse est vivante, sobre, harmonieuse et solennelle. Elle laisse dégager une impression de sérénité. Les danseurs ont une attitude « majestueuse » sans raideur. Une certaine suspension régulière sur les genoux (si discutée fut-elle) continue de ponctuer très sobrement la pulsation, équilibrant l’énergie de la danse le long de la phrase musicale. Le style se caractérise par la continuité dans le déplacement et par une expression modérée de l’ensemble de la danse. Le style du jabadao reste dans l’esprit de celui de la gavotte, avec plus d’allant, laissant au couple une certaine liberté d’expression, les danseurs se prêtant aux jeux des regards et des saluts.

Accompagnement musical

La présence de sonneurs (biniou Kozh/bombarde) en pays Rouzig est attestée dès la seconde moitié du XIXe siècle. Nombreux au début du XXe siècle, ils ont continué d’exercer leur art jusque dans l’immédiat après-guerre. Leur participation à l’animation des mariages est en effet confirmée dans la fin des années 1940. L’un des plus célèbres était René Horellou (1881-1961) de Dinéault, animateur renommé et sonneur de bombarde de talent. Deux châteaulinois, Péron et Hicher, terminèrent 5e au concours de Brest en 1895. L’un des derniers à maintenir la tradition fut Jean-Marie Brenot de Quimerc’h qui sonna avec divers compères dont Le Gall, Le Pape, Duigou et Lesguern. Le fait qu’un excellent luthier, Pierre Douguet : « ar Meilher Bras » (1853-1931) exerçant dans la proche région châteaulinoise, ait fourni des instruments à plusieurs sonneurs Rouzig, a certainement contribué à la qualité sonore et musicale de leurs prestations.
L’accompagnement vocal de la danse peu utilisé dans la commune même de Châteaulin est présent dans les communes rurales voisines.
Par ailleurs, entre les deux guerres, Jacques Scoarnec interprétait régulièrement à l’accordéon chromatique dans les bals qu’il animait avec son orchestre, des gavottes de sa composition qu’il jouait encore lors des repas des anciens dans le tout début des années 1960. Ses gavottes, parfois complétées d’un jibidi, n’étaient, au contraire de celles interprétées par les sonneurs et chanteurs, jamais suivies du jabadao.
Comme dans de nombreuses régions bretonnes, la création de clique-fanfare (Lyre Pont de Buisienne en particulier) a participé à l’éducation musicale de quelques sonneurs sans cependant qu’ici elle n’influence de façon significative la structure mélodique du répertoire traditionnel.
Les airs de gavotte de Châteaulin sont composés de façon quasi systématique d’une succession de plusieurs « tons simples ». Ils ont été notés en ternaire dans des recueils récents de façon assez conventionnelle car il existe aussi des airs joués sur un rythme entièrement binaire.

Gavotte du pays Rouzig (extrait de « Digor an Abadenn » de Cheun ar C’Hann)

‘Tre e gok ha Fanch Begok ‘ez eus savet un tamm krog (bis)
Ur Gaoteriad yod silet a yene war an oaled (bis)

Ar c’hog ‘voe kaset er-maez, keit ma n’em lake ar vestrez (bis)
Da ziskarg laezh er skudili, ul loaiad vat da bep hini (bis)

Yann Gok ne voe ket pell da ziredek hag a den askell (bis)
Ha pik ha pike r pod ‘vit kaout lode us ar yod (bis)

Daonet ‘vin, va mignon pront, me ‘gav ez oc’h divergont (bis)
Debriñ yod a vegadoù, re all a rank kaout loaioù (bis)

Petra a respond ar c’hog, n’emaon ket o tebriñ Yod (bis)
Met o tibab ar pouloud, labour am eus d’o zapout (bis)


Da wreg a gollo he brud, soñj’ta peseurt tabut (bis)
Dismegañs ‘zo d’ar merc’hed, aozañ yod pouloudet (bis)
 

Gavotte du pays Rouzig : Mari, ar plac’h friant (chant traditionnel)


Didostit tadoù ha mammoù ha c’hwi ivez tu yaouank (bis)
Da selaou me ho ped Mari ar plac’h friant (x4)

Pehini he deus c’hoant da zisplegañ penn da benn he buhez (bis)
Hep lavaret netra ken nemet ar wirionez (x4)

Me’oa c’hoazh en c’havell, ma memm a lavare (bis)
‘Vijen bepred o krial, ya, war-lerc’h ar wazed (4x)

Mes pa oan deuet da soñjal e oa ar wirionez (bis)
O ya rak natur an den na cheñch ket alies (4x)

Va holl gerent din-me oa tud a zavosion (bis)
Hag o doa c’hoant d’em zeskiñar gwir relijion (4x)

Oa oan d’an oad da eizh vloaz me a oa bet kaset (bis)
Evit bezañ desket mat e ti ar seurezed (4x)

Pa oan me deuet d’an oad d’ober ma fask kentañ (bis)
E ouien nebeut katekis met lenn mat ha skrivañ (4x)

Ha desket em oa ivez kaozeal ar galleg (bis)
Evit komz eus ar belleg, n’oan ket embaraset (4x)

Ma zad ha ma mamm, ‘laras din un devezh (bis)
Ni hon eus soñjet hor merc’h,, c’hwi yelo da seurez (4x)

Kement-se ‘reas din-me tourmant ha poan spered (bis)
Ya me pehini a gar kement an holl wazed (4x)

Koulskoude en amzer-se ne m’oa ket kalz a skiant (bis)
Ne anavezen ket ar bed evel ma ran bremañ (4x)

Modes vestimentaires

Compte tenu de la zone d’extension des danses, il était courant de voir la danse effectuée par des personnes portant le costume du pays Rouzig ou celui du pays Glazik. La mode de Châteaulin proprement dite est portée sur les communes d’Argol, Tregarvan, Dinéault, Châteaulin, Saint-Coulitz, Saint-Ségal, Lopérec, Quimerc’h, Le Faou, Rosnoën et depuis la fin du XIXe  siècle : Hanvec. Cette mode se caractérise par une coiffe composée d’un fond, d’une visagière et d’ailes. Celles-ci sont relevées et épinglées sur le haut de la coiffe. Elles sont tenues par des pailles dès 1900. Même si la coiffe rétrécie avec le temps, les éléments resteront les mêmes. Le costume féminin se compose d’une jupe, d’un corsage et d’un tablier à bavette plus ou moins ornementé selon les occasions. Le corsage, largement échancré sur la poitrine est recouvert d’une pièce rectangulaire appelée le croisé. Enfin un col, de taille plus ou moins grande en fonction des époques vient se poser sur le corsage.
Les hommes eux, portent gilet court et largement échancré, maintenu à sa base par un turban de flanelle bleue, une veste également assez courte et un pantalon à pont. Le chapeau possède de larges bords à rubans de velours retenus à l’arrière par une boucle en métal. Dès la première guerre mondiale ils commencent à délaisser leur costume au profit de l’habit de ville.

Ressources

Gestin Yves, Histoire de Châteaulin et légendes castellinoises , Universis
Férec François, Châteaulin , les collines bleues,
Le Doaré Jos
Guilcher Jean-Michel, La tradition populaire de Danse en basse Bretagne
Ar Men Herve, Istor Hañveg
Enregistrements de Michel et Nicole Querrou
Sonerezh Bro Rouzig, Musique traditionnelle du pays Rouzig, CD, cercle celtique de Châteaulin Alc’houederien Kastellin

Remerciements

Dominique Le Doaré et l’association « Les archives Le Doaré » pour leur autorisation à publier les photos et les dessins.
Aux anciens danseurs qui nous ont soutenu depuis 1985: M. et Mme Roger Kerhoas, M. Geo Garo, M. Jean Moulin, M. et Mme Queinnec, M. et Mme Fitamant, M. Gourdot, Mme Annie Manis et Mme Messager.