Fiche costume

Gavotte d’honneur Glazig

mode Kerfeunteun

Terroir

Pays Glazig

Famille de la danse

Gavotte

Rédacteurs de la fiche de danse

Cette fiche de danse a été rédigée en 2010 par le référent lui-même, nommé par la commission danse de Kendalc’h : Isabelle Quintin. Cette fiche a pu être établie grâce à la passion de nombreux amateurs qui ont su à travers leurs connaissances, leurs enseignements et leurs films nous transmettre cette danse.

Appellation

A l’origine ce nom désignait une gavotte dansée pour une occasion particulière notamment lors des noces afin d’honorer la mariée, les parents, les parrains et marraines, le rôti... Cependant, la danse présentée dans cette fiche correspond à une gavotte de dernière mode apparue au milieu du XXe siècle. L’appellation « gavotte d’honneur » a été retenue car elle correspond au langage populaire d’aujourd’hui pour désigner ce type de danse présente à l’ouest de la Cornouaille.

Situation géographique et historique

Les gavottes de concours dénommées gavottes d’honneur sont dansées en pays rouzig, bigouden, de Plougastel et ainsi qu’en terroir glazig. Les danses sont, bien entendu, différentes mais l’esprit reste similaire. La mode présentée dans cette fiche technique correspond à une danse filmée à Kerfeunteun en 1950. Des variantes existent, il est difficile aujourd’hui de délimiter avec exactitude la zone où elle était dansée.

Informateurs et témoignages

Cette fiche a pu être établie grâce à la passion de nombreux amateurs qui ont su à travers leurs connaissances, leurs enseignements et leurs films nous transmettre cette danse. Parmi eux nous pouvons citer : les trois présidents des Eostiged ar Stangala qui ont dirigé l’ensemble depuis plus de soixante ans, toujours avec le même altruisme et la même conviction, toutes les personnes qui ont collaboré avec le groupe depuis sa création qui ont partagé leur savoir avec les danseurs et musiciens, les différents moniteurs, notamment Jean Toussy, qui menait les répétitions au sein du groupe aux début des années 1950 et Loeiz Ropars qui intervenait ponctuellement, l’abbé Bothorel qui officiait à Kerfeunteun à cette époque et qui à travers ses images nous donne la chance d’avoir une trace tangible de cette gavotte d’honneur, Christiane Dorval (danseuse de 1949 à 1954) qui, non seulement, nous a transmis des informations primordiales mais qui nous a aussi permis de mieux appréhender cette danse à travers sa démonstration.

Occasions de danse

C’est à la fin du XIXe, début du XXe siècle que les premiers concours de danse voient le jour dans toute la Cornouaille. L’engouement de ces rencontres était tel que toutes les fêtes populaires (pardons, kermesses….) organisent ce type de compétition. Ces rassemblements permettent d’élire les plus beaux costumes et de mettre à l’honneur les meilleurs danseurs et danseuses. Ils étaient dotés de prix : tabac pour les hommes, rubans ou mouchoir(s) pour les femmes. De plus, le nom des vainqueurs étaient publiés dans la presse.

Origine et famille de danse

Cette danse, comme son nom l’indique émane de la famille des gavottes et a vu le jour spécifiquement pour les concours de danse. Pour se démarquer, les danseurs et danseuses ont modifié la gavotte de leur terroir afin de rivaliser de souplesse, d’agilité, de technique, d’adresse et de style. Jean-Michel Guilcher note : « Exception faite du Cap Sizun, où les concours de danse ne jouaient guère de rôle, on peut dire que la gavotte de Concours dansée par couple caractérise tout le pays situé à l’ouest du cours navigable de l’Odet, de la route Quimper – Châteaulin enfin d’une ligne incluant Châteaulin, Saint-Ségal, Lopérec, Quimerc’h, Saint-Eloy, Saint-Urbain… Dans les communes du nord de l’Aulne, les couples se présentent un à un devant les juges, et prolongent autant qu’ils peuvent leur démonstration. Ils se déplacent de côté comme la chaine dans laquelle ils ont de toute évidence découpée. Au contraire, dans la région de Locronan (pays glazig) les couples, disposés les uns derrière les autres, avancent droit devant eux . »

Forme et structure de la danse

Cette gavotte se danse par couple ce qui correspond tout à fait à son esprit car, contrairement aux rondes ou aux chaines, chaque danseur ou danseuse est mis en avant. Jean-Michel Guilcher indique : « Les avantages de la formation par couple en pareille circonstance sont évidents : liberté de mouvement pour les concurrents ; pour le jury possibilité de concentrer son attention sur chaque couple tout à tour ». De manière générale, le déplacement s’effectue de côté vers la gauche (cf. progression et orientation). Le cortège progresse dans le sens des aiguilles d’une montre.

Tenue et mouvement des bras

Le cavalier se trouve à gauche de la cavalière. De la main gauche, il tient son chapeau (qu’il peut serrer contre son torse ou garder levé), s’il l’a ôté, sinon son chupenn. De son autre main il tient, sa cavalière par le petit doigt. Les avant-bras ont une position un peu plus relevée que l’horizontale. Celle-ci peut varier suivant les danseurs plus particulièrement au temps 7. Le bras droit des cavalières est libre.

Technique de pas

Pas des femmes

Temps 1 : La danseuse effectue un saut pieds joints dans le sens de sa progression.
Temps 2 : Elle saute et prend appui sur le pied droit, la jambe libre se replie en arrière et le pied gauche est levé environ à une vingtaine de centimètres du sol.
Temps 3 : Puis elle réalise un autre saut pieds joints.
Temps 4 : Ensuite, elle saute et retombe sur son pied gauche. La jambe libre se trouve cette fois à côté de l’autre (le lever du pied droit est bien plus modéré qu’au temps 2).
Temps 5 : Elle effectue un pas en croisant la jambe droite devant la gauche afin de prendre appui sur le pied droit.
Temps 6 : Sur ce temps, elle saute pieds joints afin de prendre de l’élan pour le temps suivant.
Temps 7 : Puis elle prend appui sur le pied gauche et la jambe droite se lève sur le côté, à droite, sans flexion du genou (entre 20 et 30 centimètres).
Temps 8 : Elle retombe sur le pied droit tandis que la jambe gauche croise la jambe droite devant à hauteur de la cheville.

Pas des hommes

Temps 1 : Le danseur réalise un saut retombant sur le pied droit et sa jambe gauche se plie en arrière au maximum à 90°, le tibia pouvant se trouver ainsi à l’horizontal.
Temps 2 : II saute « à cloche pied » en prenant à nouveau appui sur la jambe droite. La jambe gauche libre marque le temps par un petit mouvement vertical avant de se repositionner dans la même position qu’au temps 1.
Temps 3 : Il progresse en effectuant un bond et prend appui cette fois sur le pied gauche.
Temps 4 : Il correspond au temps 2 : les pieds sont cependant inversés. Le mouvement de la jambe droite libre est comparable à celui de la jambe gauche au temps 2.
Temps 5 : Ensuite il effectue un pas pour prendre appui sur le pied droit en croisant devant la jambe gauche.
Temps 6 : Puis, il saute sur ses deux pieds non joints mais peu espacés : le pied gauche se positionnant devant le pied droit afin de prendre de l’élan pour te temps suivant.
Temps 7 : II prend appui sur le pied gauche et lève aussi haut que possible la jambe droite. Le talon du pied gauche peut décoller du sol dans l’élan.
Temps 8 : Il repose le pied droit, changeant ainsi d’appui, le pied droit venant approximativement prendre la place du pied gauche. La jambe libre se plie comme au temps 1.
Temps 1 suivant : Il correspond au temps 2 décrit ci-dessus.

Progression et orientation

Les formules d’appuis des hommes et des femmes sont différentes. Cependant, l’homme mène le couple et ceci est visible tout au long de la danse de par sa position : la cavalière se trouve donc toujours en retrait. La progression est très modérée pendant toute la formule d’appuis. L’amplitude du temps 5 est un peu plus importante car il correspond à la prise d’élan pour le lever de jambe. Sur les quatre premiers temps de la danse, les danseurs se déplacent de biais vers la gauche. Au temps 5, ils commencent à changer d’orientation. Au temps 6 ils poursuivent leur mouvement et se trouvent de ¾ dos au sens de progression, position qui peut être légèrement accentuée au temps 7. Sur les temps 8 et 1 les cavaliers reprennent leur position initiale.
Les femmes progressent presque de face, le corps bien moins orienté que celui des hommes, sur les premiers temps de la gavotte. Tout en continuant leur progression sur le temps 5 elles débutent un léger changement d’orientation qu’elles poursuivent sur le temps 6. Comme les hommes, les cavalières se repositionnent dans leur sens de progression sur les temps 8 et 1.

Style

Le pas est bondissant et tout en souplesse. Les prises d’appuis sont franches, les pieds sont à plat. L’homme est le meneur et la femme tout en s’exprimant doit le faire avec une certaine réserve. La qualité des danseurs est reconnue grâce au levé de la jambe droite au temps 7. La tenue de corps est droite, mais sans raideur.

Accompagnement musical

Au vue de la nature de la danse — danse de concours — l’accompagnement est majoritairement instrumental. Les couples biniou kozh et bombarde ou biniou braz et bombarde sont particulièrement appréciés. Le chant est bien moins utilisé dans ce terroir. Le tempo idéal serait environ de 135-140 noires à la minute.

Modes vestimentaires

Dans ce terroir, les hommes portent le costume glazig, petit bleu en français, nom provenant de la couleur de l’étoffe dominante du costume masculin. Au début du XXe siècle il est composé de deux vestes en drap bleu le jiletenn avec manches et le chupenn sans manche. L’une et l’autre sont ornementées de bandes de velours ainsi que de broderies. C’est d’ailleurs ces deux éléments, qui indiquent le rang social de l’homme qui porte le costume. En effet la largeur des bandes de velours sur les bras et sur le plastron du jiletenn ainsi que l’importance des broderies révèlent la condition sociale de l’homme. Les broderies sont à dominantes jaunes agrémentées de blanc, orange, rouge, vert, bleu, mauve et rose. Le choix des couleurs et des motifs, qui peuvent géométriques ou floraux, dépendent des brodeurs. En fin de tradition, les hommes ont délaissé ce costume et adopté une veste et un pantalon à la mode de la ville. Le seul signe identitaire correspond au gilet sans manche de drap bleu qu’ils portent sous leur veste de costume. Au début du XXe siècle, le costume de la femme est composé de quatre pièces principales : d’un jiletenn, d’un corselet qui donne cette tenue si particulière aux femmes, d’une jupe et d’un tablier. A cette époque les costumes des femmes les plus aisées sont brodés de motifs floraux importants réalisés avec des perles et de la canetille. La coiffe appelée Borledenn est ornée d’un lacet perlé pour les communions, les noces et les pardons pendant environ un an. Avant et après cette période, la coiffe retrouve ces lacets en filet. En fin de tradition, on retrouve les mêmes éléments que dans le costume féminin plus ancien si ce n’est que la jupe s’est raccourcie, le col est réapparu (il existait au XIXe siècle), la coiffe a pris de la hauteur. Les broderies sont moins travaillées. On n’utilise plus le fil d’or. On se sert de fil de soie, de perles soufflées, de perles-tubes dorées, argentées ou de couleur et de strass. La couleur de fil la plus prisée est le rose.

Ressources

Guilcher Jean-Michel, La tradition populaire de danse en Basse-Bretagne
Creston René-Yves, Le costume breton
Fleitour Annick, Eostiged ar Stangala : 60 ans de passion
Film de l’Abbé Bothorel déposé à la cinémathèque de Bretagne

Remerciements

Cette fiche a pu être établie grâce à la passion de nombreux amateurs que nous souhaitons remercier ici :
- Les trois présidents des Eostiged ar Stangala
- Toutes les personnes qui ont collaboré avec le groupe depuis sa création qui ont partagé leur savoir avec les danseurs et les musiciens,
- Les différents moniteurs, notamment Jean Tousse,
- L’Abbé Bothorel
- Christiane Dorval
- Michel Guillerme pour ses conseils avisés