Fiche costume

Kloar-Karnoed
1900-1915

Introduction

Encore porté par une grande majorité de la population, et notamment par la population rurale dont il reste un lien identitaire puissant, le costume traditionnel de notre commune trouve toujours sa raison d’être dans cette société paysanne des années 1900 – 1915. Il nous reste aujourd’hui de cette époque de nombreux documents photographiques et de belles pièces vestimentaires qui nous permettent d’appréhender avec objectivité ce qui définit les grandes lignes de ce costume, véritable témoin d’un art populaire local très vivace, riche et varié. A la « Belle époque », le costume féminin est alors en pleine évolution. Il s’enrichit des tendances observées sur les costumes des femmes des communes environnantes et de celles venues de la capitale et véhiculées par les colporteurs parcourant nos campagnes.

Groupe vestimentaire

Bien que Cornouaillais, les cloharsiens portent une mode vestimentaire traditionnelle qui prend ses racines en Pays Vannetais. Le costume féminin est identique à celui porté sur une trentaine de communes du Pays Lorientais. Il poursuivra son évolution jusqu’aux années 1950 en se démarquant nettement de la mode lorientaise par les influences cornouaillaises dont il s’inspirera sans cesse.
Le costume masculin se rattache aux modes qui se sont portées dans des variantes plus ou moins marquées sur toute la frange côtière qui s’étend de l’embouchure du Belon à Moëlan-sur-Mer, à celle de la rivière d’Etel, à Sainte-Hélène. Il cessera d’évoluer dès le début du XXe siècle et disparaîtra à la fin des années 1920.

Situation géographique et historique

Situé en Basse-Bretagne, aux confins de la Basse-Cornouaille, Clohars-Carnoët se trouve dans la partie orientale du terroir de l’Aven appelée Pays Duig, proche voisin du Pays Lorientais. Sa situation géographique, son histoire, son breton et la nature même des traditions vestimentaires de ces habitants, confèrent à cette commune un statut original qui peut se définir comme celui d’une enclave vannetaise en pays cornouaillais. La particularité vestimentaire reste encore mal expliquée de nos jours puisqu’en effet, les études historiques ont montré que Clohars a toujours été rattaché à l’évêché de Cornouaille. Et par conséquent, il aurait été logique que les cloharsiens adoptent un costume qui se rattache à leur terroir...

Costume féminin

En ce début du XXe siècle, le costume féminin est composé de trois parties distinctes : la camisole, la jupe et le tablier qui en est la pièce maîtresse. La parure, c’est-à-dire la coiffe (grande coiffe et sous-coiffe) et le col, complètent la tenue. Il n’y a aucune distinction notable entre le costume de travail et celui de cérémonie si ce n’est la nature des étoffes et leur degré d’enrichissement… En période de deuil, la femme porte une camisole et une jupe en drap de laine noir, dépourvues de velours et un tablier de coton noir légèrement satiné soigneusement repassé, comme en témoignent les photos dîtes « de guerre », portraits d’épouses et de leurs enfants adressés aux soldats du front entre 1914 et 1918.

La Camisole, ar mañchoù

La camisole est un corsage à basques qui constitue la partie haute du costume traditionnel féminin de notre commune. Elle se porte au quotidien jusqu’à la fin de la première guerre mondiale. La camisole de cérémonie est réalisée dans un drap noir épais appelé « mérinos ». Elle  est ornée de larges empiècements de velours de soie noir. Ce vêtement court à l’encolure ronde, et aux larges manches droites dites à fourreau qui descendent jusqu’au poignet, est très ajustée et généralement baleinée dans le dos de façon à maintenir parfaitement le buste et affiner la taille de la femme. Elle se porte sur une chemise de coton très échancrée sur laquelle est ajusté le col. Elle se ferme sur le devant à l’aide d’un ou deux lacets passant dans une quinzaine d’œillets ou d’agrafes réparties de chaque côté du vêtement, dissimulés sous un large rabat qui s’épingle à gauche à l’aide de deux épingles à têtes noires ; l’une à hauteur de poitrine et l’autre sous les côtes. Les basques se glissent toujours sous la jupe.
Dans le bas du dos est cousu une sorte de bourrelet de toile communément appelé « le boudin » dont le rôle est de maintenir la jupe à la taille pour éviter qu’elle ne glisse.
Les bandes de velours de soie qui ornent la partie supérieure des manches descendent jusqu’au coude. Dans le dos, un éventail de velours s’étale largement sur le haut du vêtement en empiétant même sur le haut des manches au niveau des épaules.
La camisole de travail ne se différencie de la camisole de cérémonie que par la nature des tissus employés pour sa confection et l’absence éventuelle des empiècements de velours. Des manchons de coton protègent souvent le bas des manches  lors des travaux domestiques.

La jupe, ar vrozh, pe al losten

La jupe, partie basse du costume, est un vêtement descendant jusqu’aux pieds, lourd et de grande amplitude, réalisé à partir de lés de « mérinos » cousus entre eux par une simple couture, et froncés sur l’arrière à la taille. En général, deux grandes fentes latérales délimitent de façon très nette au niveau de la ceinture, la partie avant de la partie arrière du vêtement. De chaque côté de la partie antérieure, on notera une série de trois ou quatre plis plats dirigés vers l’arrière qui ont été aménagés pour l’aisance de la femme. Le reste du tissu qui constitue la partie arrière de la jupe, est froncé sur toute sa largeur par un plissé en tuyaux d’orgue, les « rides », entièrement réalisées à la main puis montées sur une ceinture. Sur l’ourlet du bas, on notera la présence d’un étroit ruban de velours noir cousu à cheval sur celui-ci. Une large bande de velours de soie noir vient enrichir le bas de la jupe de cérémonie.La jupe se porte sur un jupon de coton blanc orné de dentelles (lostenn gwenn) et une sous-jupe (lostenn dreist). Elle s’enfile sur la camisole de façon à reposer à l’arrière sur le boudin et se lace sur l’avant, grâce à des lacets de coton, longs d’une trentaine de centimètres, cousus de chaque côté de la partie avant du vêtement et glissés dans des passants situés à l’intérieur du vêtement sur sa partie arrière, à chaque extrémité de la ceinture.

Le tabier, an danjer

En pays cloharsien, le tablier est la pièce maîtresse du costume féminin. En cette première décennie du XXe siècle, il affiche sans complexe le rang social de la femme qui le porte. Son amplitude exceptionnelle et sa large piécette triangulaire (ar c’hoadenn tanjer) en font l’un des plus grands tabliers de Bretagne. Toujours très couvrant, le corps du tablier enveloppe jalousement la jupe dont il ne dévoile qu’une étroite bande de tissu. Traditionnellement, il est confectionné par l’assemblage de trois lés de tissus mesurant de 50 à 60 centimètres. La pièce obtenue est ensuite froncée dans le haut et montée sur une ceinture, puis largement ourlée dans le bas. Le grand devantier à encolure ronde, est appelé « piécette » ou « bavette ». Il remonte de la taille jusqu’aux épaules et masque toute la partie avant de la camisole.
Le tablier se noue à la taille grâce à quatre rubans de satin noir:
- Deux larges rubans, cousus aux extrémités de la ceinture, noués à l’avant, sur le côté gauche de la piécette.
- Et deux autres rubans, plus étroits, cousus sur la ceinture au niveau du devantier, noués sur l’arrière.
Le devantier est alors rabattu sur le buste puis épinglé sur le haut de la camisole, au niveau de l’encolure, par trois épingles;
- L’une d’entre elles, souvent remplacée par une broche sur les tabliers de cérémonies, est épinglée au niveau de l’encolure, sous le menton.
- Les deux autres sont placées au niveau des épaules.
Dans les années 1900-1915, le tablier se porte légèrement plus court que la jupe.
Le tablier de cérémonie peut être confectionné à partir de tissus très variés.
Pour sa confection, nos paysannes affectionnent les velours de soie qui selon leur aspect sont appelés « velours classiques » ou « velours froissés ». Ils se déclinent dans de nombreux coloris avec néanmoins, une forte prédominance pour les tons violets et autres nuances de prune.
Les moires et autres brochés de soie, utilisés pour la confection des tabliers depuis des décennies, ont toujours la préférence du reste de la gente féminine de notre commune.
Dès les premières années du XXe siècle, les broderies font leur apparition ! Elles se présentent sous la forme de semis de bouquets de fleurs régulièrement répartis sur toute la surface du tissu. Elles sont réalisées à la main par des brodeuses locales ou en usine de façon mécanique, dans la région lyonnaise. Les motifs sont toujours des motifs floraux plus ou moins importants, brodés au fil de soie et agrémentés, pour les plus riches de perles, paillettes et fil d’or. On parle alors de «tabliers à médaillons».
Le tablier de travail a la même coupe que le tablier de cérémonies. Seule la nature des étoffes utilisées pour sa confection est différente. Le coton reste la matière la plus usitée.
Les tabliers de travail sont souvent munis de poches cousues sur l’avant du vêtement.

La sous-coiffe, ar c’hoef bihan

Encore appelé « béguin », la sous-coiffe de cette première décennie du XXe siècle est une sorte de petit bonnet à lacets confectionné dans un coton léger de couleur blanche qui enserre la chevelure ramassée en chignon sur le haut de la nuque. Il est composé d’un corps de bonnet et d’un fond circulaire. Il est épinglé sur les cheveux, à hauteur des oreilles, grace à 3 ou 4 épingles à têtes blanches nacrées: une ou deux épingles au centre, et deux autres de chaque coté, au niveau des tempes, de façon à assurer le maintien de la sous-coiffe.  Les lacets qui étaient alors noués sous le menton disparaissent peu à peu... Sur les côtés on notera la présence de deux petites ailes en dentelles ou en tulle amidonnés (ar skouarnoù) que l’on peut apercevoir de chaque côté du visage. Le fond de la sous-coiffe de cérémonies s’enrichit souvent d’un beau motif floral finement brodé, et parfois ajouré.

La coiffe, ar c’hoef

La coiffe de Clohars fait partie de ces coiffes dont les différentes parties, préalablement amidonnées par une repasseuse, se posent directement sur la chevelure sans pré-montage. La coiffe est communément appelée « grande coiffe ». Elle est constituée de deux parties bien distinctes : la visagière appelée « paz » qui s’enrichit d’un ajout de tulle ou de dentelles et constitue le bandeau de la coiffe, et d’un large fond appelé « poultrenn » en breton. Le paz est toujours confectionné dans du tulle à mailles carrées. De forme rectangulaire, il se prolonge sur l’arrière par la « queue de paz » sur lequel est fixé le fond. Il s’habille au quotidien d’une bande de tulle de coton à mailles rondes, ornée d’un picot de dentelle qui lui confère une forme arrondie. Pour les sorties, cette bande de tulle fait place à une belle dentelle festonnée, brodée à la main ou de façon mécanique, alternant jours et petits motifs floraux qui sont toujours identiques à ceux des ailettes de la sous-coiffe. A chaque extrémité de la coiffe, on notera la présence de petites tresses crantées, fixées en lisière du paz et dépassant du bandeau de quelques centimètres. Le « poultrenn » est un grand morceau de gaze découpé en éventail et monté de façon à former une sorte de poche conçue pour épouser la forme du corps du béguin sur lequel il repose.
La coiffe est épinglée sur la sous-coiffe à l’aide de cinq épingles à têtes blanche nacrées, dont chacune contribue au maintien et au rendu final du montage:
- Une épingle centrale est posée au niveau du paz, sur l’avant du béguin. Elle définie la symétrie de la coiffure par rapport au visage.
- Deux épingles sont placées de chaque coté de la queue du paz, au niveau de la dentelle, afin d’assurer le maintien de la coiffe sur la sous-coiffe.
- Enfin, deux autres épingles sont épinglées latéralement de chaque côté du corps du béguin, permettant d’assembler fond de coiffe et sous-coiffe, tout en maintenant les ailettes relevées.
Pour terminer le montage, une petite épingle peut également être fixée à l’arrière de la coiffe, au niveau du bas du chignon, afin d’ajuster au mieux sur les cheveux le fond du béguin et le poultrenn.
A la fin des années 1910-1915, la grande coiffe devient plus imposante et tend à se relever. Deux épingles supplémentaires viennent alors renforcer le maintien de l’ensemble. Elles sont placées en lisière de dentelle, sur les cotés du bandeau de la coiffe  de  façon à la fixer aux ailettes de la sous-coiffe.
A la « Belle époque », la coiffe se porte « en chapeau chinois », et forme un arc harmonieux sur le haut de la tête de la cloharsienne !
Lors du deuil, la femme porte une coiffe austère dépourvue de dentelle. Elle est appelée « coiffe carrée » en raison de sa forme et remplace la « coiffe ronde » habituelle. La dentelle des ailettes du béguin fait place à du tulle bordé d’une simple lisière de coton. Le grand deuil est marqué par le port sur la coiffe carrée, d’un capot de toile noire satinée remarquable par son grand fond plissé « en soleil » (kapuchon).

Le col, ar fichu pe ar c’hoier

Début XXe, le col est porté au quotidien. Il s’agit d’une large pièce de coton blanc munie d’une encolure sur laquelle est cousue une petite bande de tissu empesé de 2 à 3 cm, bien visible dans le haut du tablier sur les photos d’époque. Cette pièce de coton se porte sur la chemise, sous la camisole. Elle est formée de trois pans ;
- Deux pans avant épinglés ensemble au niveau du cou par une petite épingle à tête blanche.
- Un large pan arrière au bas duquel est cousu de chaque côté un lacet destiné à être noué sous la poitrine pour bien maintenir l’ensemble sur le buste de la femme.
Il arrive que les deux pans avant soient remplacés par un seul pan, largement fendu dans sa partie supérieure de façon à pouvoir être enfilé par la tête.
En semaine, la petite bande de tissu est faite de celluloïd achetée déjà montée sur la pièce de coton dans les merceries locales, tandis que les jours de fêtes, le col se pare d’une petite bande de coton fin empesée, ou plus rarement d’une petite dentelle dont les motifs rappellent ceux de la coiffe.

Les manchettes, pennoù-mañch pe faos-mañchenoù

Les manchettes sont des éléments décoratifs qui habillent avec élégance le bas des manches de la camisole.
Il s’agit en fait, de « fausses-manches » qui s’enfilent sous celles de la camisole et dont on ne voit dépasser que la partie basse. Elles sont constituées d’un manchon de coton blanc, muni dans sa partie supérieure d’une coulisse dans laquelle est passée une tresse de coton qui permet de resserrer la manchette au niveau du coude.
Une large dentelle blanche mécanique ou brodée à la main, est alors cousue dans la partie inférieure de la manchette, ornée d’un beau ruban qui masque la couture et dont on peut voir dépasser les bouts au bas des manches de la camisole sur les clichés photographiques de l’époque.
Mais, le manchon de la fausse-manche peut également être confectionné dans une pièce de tissu noir, coton, satin ou autres. La dentelle est lors remplacée par une bande de velours ou de satin noir s’ornant d’une fine broderie de motifs floraux aux couleurs rappelant généralement celles du tablier. Ces manchettes réservées aux femmes les plus riches de la commune, rehaussent de façon surprenante le haut du costume féminin. Les femmes les plus âgées et les femmes en deuil mettent des manchettes noires à dentelles noires.

Bijoux et accessoires

Le grand sautoir à coulisseau et les broches (jusqu’à 4 parfois) enrichissent le devantier des tabliers de cérémonies des femmes les plus aisées. La montre repose dans une petite poche généralement cousue sur l’avant gauche de la camisole, sous la piécette. Le cœur et la croix Jeannette, déjà présents sur les tabliers vers 1845, lors du passage d’Hippolyte Lalaisse dans la région, sont encore portés par certaines femmes les jours de grandes cérémonies. Comme partout en France, le tour de cou est alors à la mode en Bretagne. Les cloharsiennes le portent en velours de soie noir perlé, brodé ou pas. Il est blanc pour les jeunes mariées. Les épingles permettant d’accrocher la bavette du tablier à la camisole, au niveau des épaules peuvent être aussi finement ouvragées. Les petites boucles d’oreilles appelées « dormeuses » ornent aussi les oreilles de certaines femmes.

Costume masculin

Au début du XXe siècle, le costume traditionnel masculin cloharsien est à l’apogée de son évolution. Il est essentiellement porté par la classe paysanne et côtoie au quotidien le costume citadin. Il est constitué de trois pièces vestimentaires, à savoir, le gilet, la veste et le chapeau. Ce costume, se rattache à une mode portée dans des variantes plus ou moins marquées le long du littoral morbihannais occidental, et plus précisément à celle de Lorient reconnaissable avant tout à la large encolure carrée du gilet et aux grands empiècements de velours de soie noir qui habillent le drap noir des différents éléments du costume. Les nombreux boutons cousus sur chacune des pièces ajoutent à l’ensemble « un plus » qui donne à ce costume un caractère bien marqué. Seul véritable signe d’appartenance au terroir, le chapeau à l’allure altière, typique du pays de l’Aven avec sa boucle de métal fixée à l’arrière, s’associe à merveille à la sobriété et à l’élégance de la veste et du gilet propres aux costumes d’hommes de cette région maritime. Le costume de travail est identique au costume de cérémonie. Cependant les empiècements y sont moins importants et les boutons plus sobres. Le gilet peut être porté seul ou sous une blouse de toile descendant jusqu’au bas du dos, couramment appelée « blouse de vacher ». A l’approche des grands froids il n’est pas rare que l’on couse à grands points sur le gilet, des manches de coton noir, bien pratiques pour se protéger des rigueurs de l’hiver. En période de deuil, le gilet habituellement boutonné du côté droit est boutonné du côté gauche et ne porte que très peu de velours. Le gilet et le chapeau continueront d’être portés par les hommes revenus de la « grande guerre » jusque dans les années 1930. La veste sera abandonnée et remplacée par la veste citadine dès les années 1920. Le pantalon est un « pantalon à pont » confectionné dans un tissu uni ou à rayures dont la couleur varie du gris clair au noir foncé.

Le gilet, ar chupenn bihan pe ar jiletenn

Il s’agit d’un vêtement court, sans manches, remarquable par sa profonde encolure carrée, très caractéristique, qui laisse entrevoir le plastron empesé de la chemise blanche à petit « col officier » sur laquelle il est porté. Le devant du gilet est confectionné dans du « mérinos », un drap de laine noir, sur lequel sont appliqués de larges empiècements de velours de soie noir, notamment au niveau des deux grandes poches situées de chaque côté du vêtement. L’arrière est en satin ou en coton noir. Il est muni d’une martingale à boucle métallique permettant de l’ajuster. Ce gilet a la particularité de pouvoir se boutonner du côté droit comme du côté gauche. Il se ferme par une dizaine de boutons qui peuvent être métalliques, recouverts de fil, en corne ou en jais. Une petite poche en velours, située au-dessus, ou à l’intérieur de l’une des deux grandes poches du gilet, permettra de recevoir une montre à gousset encore très à la mode à l’époque.

La veste, ar c’hamailhon pe ar chupenn

Elle est légèrement cintrée et se porte un peu plus longue que le gilet dont elle reprend l’esprit par la coupe, la texture et les différents éléments décoratifs. On retrouve en effet les deux grandes poches au dessin original et les boutons, une quarantaine en tout, qui ne jouent ici aucun rôle si ce n’est celui d’embellir le vêtement, puisque la veste n’a pas de boutonnière et qu’elle se porte toujours ouverte. Elle est réalisée dans du « mérinos » sur lequel sont appliqués comme sur le gilet des empiècements de velours de soie noir dans le dos, sur le devant, les poches et le bas des manches; empiècements dont l’importance et la largeur dépendent de la classe sociale de la personne. Les boutons qui ornent le vêtement sont identiques à ceux du gilet.

Le chapeau, an tog

C’est un couvre-chef à large bord et sans guides (pans de ruban de velours tombant sur la nuque à l’arrière de certains chapeaux traditionnels) puisqu’elles ont été coupées dans les dernières années du XIXe siècle), semblable à ceux que portent tous les hommes du Pays de l’Aven dont fait partie la commune.
La calotte est en feutre de poil, en taupé, castor ou en paille (à la belle saison).
Elle est entourée d’un rond de chapeau, c’est-à-dire d’un ruban de velours de soie noir appliqué sur une bande de carton ou de mica dont la largeur peut varier d’un chapeau à l’autre, enrichi sur l’arrière d’une boucle métallique ouvragée, longue et rectangulaire.
Il arrive que les hommes de la partie la plus orientale de la commune arborent une boucle ovoïde, influence notable du pays de Guidel frontalier. Cet ensemble est fixé au fond du chapeau par de petites épingles et maintenu par un lacet noué sur le côté. La boucle qui contribue à montrer le rang social de celui qui porte le chapeau peut être en or, en vermeil ou en argent. Les hommes les plus riches possèdent plusieurs « rond de chapeau » qu’ils peuvent changer en fonction des occasions de la vie.

Bijoux et accessoires

Habituellement, une chaîne de montre à gousset est accrochée sur le devant du gilet, venant compléter avec bonheur cette tenue à la sobriété et à l’élégance certaine.

Ressources

Creston René-Yves, Le costume Breton , Coop Breizh
Lalaisse François-Hippolyte, Aquarelles et dessins , éditions de la Cité, 1996

Remerciements

Fiche réalisée par Gilles Le Meurlay en octobre 2015, grâce aux connaissances acquises par l’étude des documents photographiques et des pièces de costumes aimablement prêtées par les habitants de Clohars-Carnoët, mais également grâce aux informations glanées auprès d’informateurs locaux lors d’un long collectage, s’étalant sur une quarantaine d’années, effectué en compagnie d’ Evelyne, son épouse.
Que cette fiche soit un hommage à toutes celles et tous ceux, qui d’une façon ou d’une autre ont permis son élaboration.